Stéphanie Lima est géographe, maître de conférences à l’INU Champollion à Albi et membre du LISST-CIEU (CNRS UMR 5193) depuis 2005.

Ses travaux explorent l’articulation entre recompositions territoriales et circulations migratoires au Mali. Elle a mené plusieurs enquêtes dans la région de Kayes depuis son doctorat (2003) et dans le cadre du projet FSP « Mali contemporain » (2013). S’inscrivant dans une approche multisituée, ses recherches s’intéressent à la fois à l’émergence de nouvelles formes de gouvernance locale dans les territoires ruraux (décentralisation, communalisation) et aux modalités d’engagement des migrants vis-à-vis de leur localité d’origine (associations, intercommunalités).

Dans le cadre du LMI Movida, elle travaille sur les processus de gouvernance locale et les initiatives de citoyenneté migrante (citoyenneté transnationale des individus et des collectifs mobiles) en lien avec les ressources de la migration au Sénégal, dans les communes rurales des régions de Saint-Louis, Matam et Tambacounda. Ce projet vise à une meilleure connaissance des recompositions socio-spatiales à l’échelle locale, dans un double contexte de décentralisation et de gestion des migrations.

Plus concrètement, il s’agit d’identifier les nouvelles modalités de la gouvernance locale en prise avec la gestion des mobilités. Aujourd’hui l’Acte 3 de la décentralisation produit des territoires (régions, départements, communes) à la recherche de moyens pour assurer leurs compétences, il s’agit de voir comment les ressources migratoires, dans leurs différentes dimensions, en particulier sur le plan politique (entreprenariat politique), interviennent dans la production de nouvelles valeurs et de nouvelles appartenances, aussi bien du point de vue des migrants-circulants que des acteurs politiques locaux. Il s’agit aussi de mesurer l’impact des mobilités dans les territoires ruraux (centralité et accessibilité). Le questionnement se résume ainsi : comment et par qui la territorialisation des ressources migratoires s’opère-t-elle ? Avec quels conflits de compétences et quels jeux de concurrence entre acteurs locaux et nationaux, entre acteurs publics et privés ? Cette territorialisation permet-elle une consolidation des espaces locaux ou contribue-t-elle à leur fragmentation ?